J'ai été assis dans des salles chez trois des plus grands assureurs canadiens en regardant des gens travailler avec des systèmes construits avant que certains de leurs collègues soient nés. Ce ne sont pas des environnements marginaux. C'est le courant principal de la livraison en assurance canadienne.
La question que les gens posent est pourquoi. Pourquoi une industrie avec des milliards en primes annuelles fonctionne-t-elle encore sur des plateformes qui précèdent l'internet? La réponse n'est pas la paresse ou l'ignorance. La réponse est que le remplacement est vraiment difficile.
Un système central d'administration de l'assurance n'est pas un logiciel. C'est une cristallisation de décisions d'affaires accumulées sur des décennies. Chaque taux, chaque règle, chaque variante de produit, chaque exception est encodée quelque part dans ce système. Souvent d'une façon que personne ne comprend plus complètement.
Quand vous remplacez un tel système, vous ne remplacez pas seulement du code. Vous procédez à l'ingénierie inverse de trente ans de connaissance institutionnelle. Ce processus est long, coûteux et fragile.
L'alternative au remplacement complet est la modernisation progressive. Construire une couche sur le système hérité. Ajouter une interface moderne. Déplacer des fonctions spécifiques vers de nouvelles plateformes tout en maintenant le noyau en fonctionnement.
Le problème est que les systèmes hérités n'ont pas été conçus pour être progressivement modernisés. Les interfaces ne sont pas propres. Les modèles de données sont propriétaires. Chaque ajout progressif crée une nouvelle dépendance, ce qui rend le prochain ajout plus difficile.
La modernisation progressive sans stratégie d'architecture, c'est simplement l'accumulation de systèmes hérités avec de meilleures interfaces.
Les exigences FINTRAC de connaissance du client, les obligations de déclaration CRS et les cadres de lutte contre le blanchiment d'argent ne se soucient pas de savoir si votre système peut les accommoder. Ils ont des échéances. Si vous voulez continuer à vendre de l'assurance au Canada, vous trouvez une solution.
Trois choses séparent les programmes de modernisation qui fonctionnent de ceux qui échouent.
Premièrement, le dossier d'affaires doit être honnête. Les programmes financés sur des hypothèses optimistes échouent presque toujours.
Deuxièmement, la portée doit être contrôlée. Chaque programme de modernisation que j'ai vu déraper y est arrivé de la même façon: la portée a grandi parce que le programme est devenu un véhicule pour ajouter de nouvelles capacités plutôt que de remplacer les capacités existantes.
Troisièmement, la migration des données doit être traitée comme un programme à part entière. Les données dans un système d'assurance hérité se sont accumulées sur des décennies. Elles sont incohérentes, incomplètes et encodées dans des formats qui ne correspondent pas proprement aux schémas modernes.
L'industrie va se moderniser. C'est déjà en train de se produire. Mais ça se fera lentement et à grand frais, ce qui est la seule façon dont ça peut se produire quand les systèmes remplacés sont ceux qui maintiennent les polices en vigueur pour des millions de Canadiens.